Déclaration Snuep-FSU au CTA du 11 juin 2019

A compter de la rentrée 2019, le lycée professionnel sera fortement percuté par la réforme Blanquer.
Pour le SNUEP-FSU, le lycée professionnel doit garder sa vocation à être, pour les élèves, une voie vers une insertion professionnelle durable et une voie permettant des poursuites d’études réussies. Les changements qui s’engagent avec la réforme BLANQUER ne permettront plus de répondre à cette double ambition.


« L’allégement de l’emploi du temps élève » est un frein au développement d’une formation globale émancipatrice de nos élèves qui n’ont bien souvent que l’Ecole pour accéder au savoir et à la culture.

Dans notre académie, la fin de l’année est extrêmement difficile pour les PLP. Nous souhaitons vous interpeller sur la multiplication des convocations destinées aux examens pour les structures de l’apprentissage privé qui perturbent l’organisation des CCF dans nos lycées. Les CCF sont des épreuves d’examen qui ne doivent pas passer au 2nd plan.
Les réunions de préparation de la rentrée imposées en dehors de nos obligations de service par les chefs d’établissement se multiplient dans une période déjà très chargée par la prise en charge des examens. Ces réunions sont peu productives car nous en sommes encore à l’appropriation mutuelle de nos référentiels et de nos programmes, ce qui demande énormément de temps et d’énergie.
De plus, la volonté de développer l’apprentissage dans les LP à travers la mixité des publics sera un casse-tête supplémentaire.
Le mixage des publics empêche la construction d’une progression conçue pour les élèves de la classe sur leur année scolaire. Il est inacceptable de détériorer les conditions d’enseignement de nos élèves. Le LP est déjà sollicité pour résoudre une grande partie des problèmes que connaît notre système de formation : accueil des jeunes les plus fragiles issus des couches populaires qui cumulent les difficultés d’apprentissage et de conditions de vie, accueil des non francophones , intégration des ULIS. La mixité est déjà présente dans nos classes.
Développer l’apprentissage dans les LP publics est une vision étriquée du service public de formation qui cherche uniquement à rationnaliser les dépenses au mépris des conditions de formations des jeunes tout en méprisant les personnels et leurs statuts. Nous ne sommes pas là pour camoufler les échecs successifs des gouvernements et des régions dans le développement de l’apprentissage.

Le Ministre impose ses réformes sans jamais considérer les critiques des enseignants dans une politique autoritaire sans précédent.
Devant la gravité de la situation, avec l’intersyndicale, le SNUEP-FSU appelle tous les personnels à se mobiliser le 17 juin, premier jour des épreuves du baccalauréat, et décider des suites, pour :
– une revalorisation des rémunérations ;
– le retrait des réformes des lycées et du baccalauréat ;
– le retrait des projets de loi « école de la confiance » et « Fonction publique ».
C’est la responsabilité du Ministre qui est engagée pour le bon déroulement des épreuves.