FAUT-IL ACCEPTER LA « COLORATION DES DIPLOMES » ?

La tendance à la « coloration » des diplômes de Bac professionnel, qui sera généralisée à toutes les Régions Académiques à la rentrée 2025.

Cette stratégie vise à donner l’illusion d’une évolution de la carte des formations, en s’alignant sur les besoins locaux du marché du travail. En réalité, elle adapte les formations pour quelques élèves en leur conférant des compétences spécifiques grâce à trois leviers : l’utilisation de supports pédagogiques adaptés, l’ajout de modules spécifiques, la réalisation de stages en milieu professionnel pertinent.

Cependant, peut-on réellement croire que cela suffira à former des élèves à de nouvelles compétences, alors que les temps de formation et les contenus pédagogiques se sont appauvris ces 15 dernières années. L’intégration de ces compétences « colorées » réduira inévitablement le temps consacré à d’autres enseignements, alourdissant ainsi la charge de travail des enseignants devant ajuster leurs cours pour répondre à ces nouvelles exigences.

La principale motivation de cette transformation est d’aider les entreprises à économiser sur la formation interne de leurs futurs employés, ce qui leur confère un avantage économique certain. De plus, la création de ce « nouveau label » nécessite moins de ressources humaines pour l’Éducation Nationale, sans générer de nouveaux postes. Les régions économiseront également sur l’achat de matériel, certaines entreprises prêtant ou offrant leurs équipements. Finalement, ces réformes ont surtout réduit les coûts de scolarité pour l’éducation nationale, guidée par des considérations économiques plutôt que pédagogiques.

Il est essentiel de noter que la mise en œuvre de cette coloration dépend du volontariat des équipes pédagogiques et n’est pas obligatoire.